Le bilan de l’Eurobasket féminin

Inforbasket était présent dans le nord de la France, où s’est disputée la phase finale de l’Eurobasket féminin. Qu’en avons-nous retenu ?

  1. Une Espagne impressionnante. C’était la meilleure équipe du tournoi. En poules, déjà, elle n’avait laissé aucune chance à ses adversaires. Même la Turquie, lors du dernier match du deuxième tour, n’a pas fait le poids. Pas plus que la République Tchèque en quart de finale ou la Serbie en demi-finale. La France, en finale, c’était un autre morceau. D’autant qu’elle évoluait à domicile. Mais, là encore, les Espagnoles ont su trouver la solution. D’un point, certes (70-69), mais en ayant mené durant la majeure partie d’une finale passionnante et de grande qualité. C’est le deuxième titre de la Roja après celui de 1993, il y a 20 ans déjà. Sancho Lyttle, auteur de 20 points et 11 rebonds en finale, fut logiquement élue MVP. Elle est accompagnée, dans le meilleur cinq du tournoi, par sa compatriote Alba Torrens ainsi que par les Françaises Céline Dumerc et Isabelle Yacoubou, et par la Suédoise Frida Eldebrink.
  2. Les Braqueuses braquées en France. Les Braqueuses en France : tel était le titre du dossier de presse des Bleues. Ce surnom leur avait été attribué après les JO, lorsqu’elles s’étaient hissées en finale grâce à plusieurs « hold-ups». Cette fois, malgré un effectif impressionnant, elles se sont elles-mêmes fait braquer. En quart de finale contre la Suède, déjà, le coup était passé tout près. Elles avaient senti le souffle de l’élimination lorsqu’elles accusèrent quatre points de retard à deux minutes de la fin, mais avaient été sauvées par trois tirs à trois points assassins de Céline Dumerc, qui fêtait sa 200e sélection ce soir-là. En demi-finale contre la Turquie aussi, elles avaient souffert, même si elles ont toujours eu l’initiative. Mais contre l’Espagne, en finale, elles n’ont rien pu faire, malgré le soutien de 5.000 personnes toutes acquises à leur cause. Edwige Lawson-Wade, qui raccroche à 35 ans, avait sans doute rêvé d’une autre sortie. « C’est la pire façon de perdre : d’un point, devant son public », confirme Céline Dumerc.
  3. La Turquie en bronze. C’était la troisième équipe forte du tournoi. Les Turques ont dominé la plupart de leurs adversaires. Mais, tant contre l’Espagne au deuxième tour que contre la France en demi-finale, on sentait qu’elles étaient un cran en-dessous. La médaille de bronze fait leur bonheur. En 2014, la Turquie organisera le championnat du monde.
  4. Le flop russe. Victorieuse de l’édition 2011, la Russie n’est pas parvenue à franchir le cap équipes impressionnantes qui se sont logiquement affrontées en finale. du premier tour. Victimes d’une égalité à trois et d’un goal-average défavorable par rapport à l’Italie et à la Suède, les poupées russes sont rentrées dans leur boîte prématurément alors qu’on les pointait parmi les favorites.
  5. Les larmes de Giorgia Sottana. Terrassée par l’émotion et la déception, la meneuse italienne Giorgia Sottana a fondu en larmes en pleine conférence de presse, à l’issue du quart de finale perdu sur le fil contre la Serbie, lorsqu’elle expliqua vouloir remercier ses partenaires pour la belle prestation fournie. L’Italie, au jeu fluide et à la cohésion évidente, fut l’une des révélations de cet Eurobasket. La Squadra Azzurra a mené pendant 38 minutes contre les Serbes et n’était pas encore remise de cette désillusion lorsqu’elle dut remonter sur le terrain dès le lendemain pour affronter la République Tchèque en match de classement, perdant du coup tout espoir de participer au Championnat du Monde 2014.
  6. L’énergie suédoise. La Suède, qui n’avait plus participé à une phase finale de Championnat d’Europe depuis 1987, a démontré qu’à force de travail, on pouvait obtenir des résultats. Les Suédoises, au moral d’acier, se sont d’abord extraites de leur groupe du premier tour, ce qui était déjà un succès. L’appétit venant en mangeant, elles se sont également extraites de leur groupe du deuxième tour. Ayant le vent en poupe et n’ayant rien à perdre, elles menèrent la vie dure à la France en quart de finale. La victoire était même à leur portée, avec quatre points d’avance à deux minutes de la fin. Ce ne fut pas suffisant. Mais Frida Eldebrink a été récompensée de son magnifique tournoi avec une place dans le « cinq majeur ».
  7. La blessure de Jana Vesela. La République Tchèque a perdu, dès le premier match, l’un de ses pions majeurs : Jana Vesela, blessée au genou. Cela n’a pas empêché les Tchèques de terminer 6e et de décrocher leur billet pour le championnat du monde.
  8. Des trous perdus. Qui avait entendu parler de Trélazé, Meilleron-le-Captif et même Orchies avant cet Eurobasket ? Ce sont pourtant ces « trous perdus » que la fédération française avait choisi pour organiser les matches. Dans des salles toutes neuves, à l’écart des villes, qui ont fait le plein lorsque la France s’y produisait. Orchies, à 20 kilomètres de Tournai, a accueilli la phase finale dans une salle de 5.000 places que Valenciennes, à l’époque de sa splendeur, avait longtemps attendue et qui a finalement été érigée après la disparition de l’ancienne équipe d’Ann Wauters. La seule ville d’envergure à avoir accueilli des matches fut Lille, mais le Palais des Sports Saint-Sauveur, au nom ronflant, n’est qu’un modeste gymnase de 1.500 places qui jouxte la Mairie. Pour le remplir, en l’absence de l’équipe de France qui jouait en Vendée, les organisateurs ont eu le bon goût d’inviter des enfants qui ont mis un peu d’ambiance.
  9. Le professionnalisme de Daniel Goethals. Malgré la proximité, les Belges étaient rares dans les tribunes. La présence de Daniel Goethals n’est toutefois pas passée inaperçue. Le sélectionneur des Cats n’était pas là en touriste, mais pour préparer le tournoi qualificatif à l’Euro 2015 qui se disputera l’an prochain. A l’exception des ténors directement qualifiés pour l’événement, toutes les équipes présentes étaient en effet des adversaires potentiels de nos joueuses. Un professionnalisme que l’on aimerait voir chez davantage chez certains dirigeants, trop enclins à défendre les intérêts de leur aile communautaire.
  10. Cyriel Coomans, nouveau président de FIBA Europe. L’Eurobasket a été endeuillé par le décès inopiné du président de FIBA Europe, l’Islandais Olafur Rafnsson, alors qu’il était en visite à Genève. Il n’avait que 50 ans. Ceci a eu pour conséquence de voir notre compatriote Cyriel Coomans, le vice-président le plus expérimenté, assumer les fonctions de président ad intérim jusqu’aux élections de juin 2014. C’est d’ailleurs lui qui, à ce titre, a remis la coupe à la capitaine espagnole Amaya Valdemoro.

Daniel Devos

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