Castors Braine : Caramba, encore une saison « Euroleague » ratée !

La campagne d’Euroleague du Mithra Castors Braine s’est terminée, mercredi soir au Dôme de Charleroi, par une défaite finalement honorable sur le score de 65-89 face à l’USK Prague, qui n’avait encore été battu (à deux reprises) que par Ekaterinbourg cette saison. Finalement honorable, parce que les Tchèques ont levé le pied dans le 4equart-temps et ont offert du temps de jeu à quelques joueuses qui en avaient peu jusque-là. Mais, au décompte final, c’est insuffisant.

Au buzzer final, le président Jacques Platieau espérait encore que le… coronavirus vienne en aide à ses troupes pour un repêchage en Eurocup. Le match Venise-Riga, qui devait aussi avoir lieu mercredi soir, a en effet été déplacé au jeudi à Ljubljana, puis finalement annulé et reporté à une date ultérieure.

Quoi qu’il en soit, plutôt qu’espérer un repêchage miraculeux, il convient de se poser les bonnes questions. Dont la principale : Braine a-t-il sa place à ce niveau ? L’objectivité exige de répondre par la négative. Au départ de la saison, la FIBA avait placé les Castors à la 16eplace… sur 16 participants. L’équipe avait à cœur de démentir ce pronostic.

Tout avait bien commencé : après six journées, Braine comptait déjà trois victoires. Contre Riga, à Venise et contre Cukurova. Et l’on se disait que, ce repêchage pour l’Eurocup, c’était bel et bien pour cette année. Mais, comme les trois années précédentes, il a fallu déchanter : les Castors ont bouclé leur campagne par un 0 sur 8.

Les plus optimistes diront que c’est mieux que la saison dernière, lorsque les Brabançonnes avaient commencé par une victoire contre Schio, avant d’enchaîner par un… 0 sur 13. Oui, mais…

L’une des principales explications à cet échec est la blessure, au plus mauvais moment, de Celeste Trahan-Davis, qui a manqué les matches-clefs du deuxième tour, à Riga et contre Venise.  Certes. Mais, si les Castors sont à ce point dépendants d’une joueuse de 34 ans, c’est inquiétant. Le pire, c’est qu’à certains moments, les joueuses donnaient l’impression de se traîner sur le terrain, sans envie ni motivation. On ose espérer que ce n’était qu’une impression, et que c’était surtout du stress.

Les saisons précédentes, on avait tendance à repousser la faute sur le coach : Pascal Angillis trop gentil et trop peu familiarisé avec le basket féminin, Ainars Zvirgzdins trop dur et trop peu psychologue. Force est de constater que Fred Dusart, malgré tout son vécu, n’a pas réussi non plus. Lui qui a travaillé longtemps chez les « Guerrières » de Villeneuve d’Ascq, n’est jamais parvenu à transformer les Brainoises en Guerrières également.

Le problème est donc ailleurs : dans un manque de niveau. A l’époque où Braine brillait sur la scène européenne, comme lors de la finale d’Eurocup dans ce même Dôme de Charleroi et face au Villeneuve d’Ascq de Fred Dusart, ou plus tard, lorsque l’équipe est parvenue à conquérir cinq succès en Euroleague, les Castors pouvaient compter sur des joueuses qui font aujourd’hui la fierté des Belgian Cats : Ann Wauters, Kim Mestdagh, Hanne Mestdagh, Julie Allemand, Marjorie Carpréaux, Kyara Linskens…  La dernière Belgian Cat a quitté le navire l’été dernier : Antonia Delaere est partie à Nantes.

Même si l’éclosion de Maxuella Lisowa constitue une satisfaction cette saison, c’est l’arbre qui cache la forêt. Le Mithra Castors Braine n’a pas les moyens de rapatrier les Belgian Cats parties à l’étranger, ni de s’offrir des joueuses étrangères de très haut niveau. Alors, l’équipe est condamnée à jouer les utilités, en espérant grappiller un petit succès par-ci par-là.

Pourtant, malgré cet échec, Fred Dusart semble se plaire, puisqu’il a resigné. Avec pour objectif de « professionnaliser » l’école des jeunes et de faciliter la transition vers l’équipe première. L’engagement d’une jeune joueuse de Courtrai semble un premier pas dans cette direction. Sauf qu’il nous paraît compliqué d’intégrer des jeunes tout en ayant des ambitions en Euroleague.

Les Castors auraient aussi intérêt à se trouver une salle plus petite. Car, qu’il est triste, le Dôme de Charleroi, lorsqu’il est garni de 300 spectateurs.

A noter que les Hongroises de Sopron, amenées également à se déplacer à Ljubljana pour y affronter Schio, ont-elles aussi déclaré forfait.

Le président Jacques Platieau a bien du mérité à offrir au basket belge cette formidable vitrine qu’est l’Euroleague. Mais n’est-ce pas de l’obstination ?

Bref, c’est toute la politique du club qu’il faudrait revoir.

DanielDevos

 

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