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EuroBasket 2025

EuroBasket 2025 : Un week-end à Riga 

Quel est le meilleur moment pour assister à un Championnat d’Europe ? Le jour de la finale, répondrez-vous. Oui, c’est vrai. Mais aussi, et peut-être surtout, le week-end des huitièmes de finale. En deux jours, samedi et dimanche, vous avez l’occasion de voir à l’œuvre les 16 meilleures équipes d’Europe. Quatre matches par jour, de quoi attraper une indigestion de basket, mais le jeu en vaut la chandelle.

Enfin, quand on dit les 16 meilleures équipes d’Europe, ce n’est pas tout à fait vrai. A Riga, il y avait un grand absent : l’Espagne, championne d’Europe en titre, qui n’a pas fait mieux que la… Belgique. Avec deux victoires, contre Chypre et la Bosnie-Herzégovine, elle n’a pas franchi le cap des poules dans le groupe de Limassol dominé par la Grèce. C’est la grosse sensation de cet EuroBasket 2025. Cela n’a pas empêché le coach Sergio Scariolo, qui quitte le petit banc avec huit médailles autour du cou, de se voir décerner la Grand-Croix de l’Ordre Royal du mérite sportif.

Au stade des huitièmes de finale, non plus, on n’est pas à l’abri de l’une ou l’autre surprise. Comme la Finlande, qui a sorti la Serbie en produisant un jeu attrayant, à l’image de Lauri Markkanen, un joueur de 2m13 qui court comme un shooting guard. Ou la Géorgie, qui a sorti la France en manque total d’adresse (16,7% à trois points). Pour les Français, qui n’ont pas pu compter sur Victor Wembayamamais qui avaient quand même terminé en tête du groupe de Katowice, c’est une grosse désillusion.

Sinon, que retenir de ce week-end à Riga ?

Assister à un derby des Pays Baltes entre la Lettonie et la Lituanie, dans une salle pleine de 11.000 spectateurs bien en voix, cela vaut le coup. Dans ces pays-là, le basket est une religion, il est bien plus populaire que le football. La Lituanie, malgré les encouragements incessants du public letton, a dominé tout le match, mais là où on avait l’habitude de voir des grands formats faire la loi, c’est le meneur lituanien qui a séduit : Arnas Velicka, 21 points et 12 assists.

Il y avait aussi les exhibitions des superstars NBA. Luka Doncic, auteur de 42 points contre l’Italie (il en avait déjà inscrit 20 au terme du premier quart-temps et 30 à la mi-temps), était bien parti pour battre son record de 47 points contre la France en 2022. Il est le deuxième joueur au classement des marqueurs sur un match lors d’un Euro. Et savez-vous qui est le leader ? Un Belge, eh oui : Eddy Terrace avait inscrit 63 points contre l’Albanie en 1957.

Giannis Antetokounmpo, qui était accompagné de ses deux frères Kostas (presque aussi grand que lui avec ses 2m08 mais un peu moins adroit) et Thanasis (un peu plus petit avec son 1m96), c’est un tout autre style. Il a un jeu de jambes extraordinairement rapide pour un joueur de 2m11. Lui a inscrit 37 points contre Israël.

Sinon, il reste la problématique des joueurs naturalisés. Toutes les équipes de l’Est en ont un, et leur rôle est essentiel. Dans ces pays-là, visiblement, on ne doit pas répondre à un très grand nombre de critères pour obtenir un passeport. Parler la langue, résider dans le pays, jouer dans un club du pays ? Ce n’est pas nécessaire. Il suffit d’accepter d’aider le pays, ou plutôt l’équipe nationale moyennant rémunération, pour que l’affaire soit conclue. Souvent, comme on trouve facilement des joueurs de grande taille dans ces pays-là, le renfort US est un meneur créatif ou un shooting guard.

On vous avait déjà parlé de Jordan Loyd, sans qui la Pologne n’aurait sans doute pas atteint les quarts de finale. La Turquie a Shane Larkin, né à Cincinnati, mais même s’il a joué 37 minutes contre la Suède, les vedettes sont surtout ErperenSengun, Cedi Osman et Ercan Osmani. La Bosnie-Herzégovine, elle, a John Roberson. Les Bosniens ont rivalisé avec la Pologne pendant tout le match, mais lorsque leur Américain est sorti sur blessure à cinq minutes de la fin, ils se sont écroulés.

La Géorgie, elle, a pu compter sur Tornike Shengelia (qui a joué une saison au Spirou Charleroi il y a déjà un bon moment), mais aussi sur Kamar Baldwin. Contre la France, il a inscrit 24 points. Qu’a-t-il de Géorgien ? Alors oui, il est né en Géorgie, mais pas la même Géorgie : dans l’Etat américain qui porte le même nom et a pour capitale Atlanta. Ne me dites pas qu’on a confondu… Si on voulait le naturaliser, tant qu’à faire, on aurait pu le rebaptiser Baldwinvili ou Baldwinadze, cela aurait fait plus authentique. Non, mais sans blague.

Mais bon, c’est légal, puisque la FIBA le tolère.

Et, en quart de finale, privé de quelques-uns de ses protagonistes traditionnels comme la France, l’Espagne, l’Italie ou le Serbie, on aura : Turquie-Pologne, Lituanie-Grèce, Finlande-Géorgie et Allemagne-Slovénie.

Daniel Devos

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