WNBA : Emma Meesseman : « Je ne réalise pas encore complètement… »

Emma Meesseman et Kim Mestdagh, fraîchement couronnées championnes WNBA, ont pris le vol Washington-Bruxelles dans la nuit de samedi à dimanche. A peine débarquées sur le sol belge, dimanche matin, elles se sont présentées à la presse.

« Championne WNBA et MVP des Finals, c’est fou ! Je ne réalise pas encore complètement… » sourit Emma. « Il me faudra sans doute encore quelques jours, ou quelques semaines, pour que je prenne pleinement conscience de la portée de cet exploit. » Avec, en plus, un titre d’Euroleague avec Ekaterinbourg au printemps, on se demande ce qu’elle pourrait faire de plus pour qu’une basketteuse belge soit, enfin, élue Sportive de l’Année. Mais avec Nafi Thiam et Nina Derwael, il y a évidemment de la concurrence.

MVP, Kim Mestdagh ne l’est forcément pas, puisqu’elle n’a… pas joué dans le 5emanche décisive face aux Connecticut Sun. « Mais je pourrai quand même ajouter un titre WNBA sur ma carte de visite », se console-t-elle. « Pour une première saison dans la grande ligue, ce n’est pas mal. Bien sûr, mon temps de jeu a oscillé entre 0 et 10 minutes. C’est une situation nouvelle pour moi, qui suis habituée à être titulaire, et c’est parfois dur à vivre. Mais le coach m’a quand même félicitée, il m’a dit que je m’étais comportée en vraie professionnelle et que j’étais toujours prête quand il faisait appel à moi. C’est un beau compliment. J’aurais déjà pu traverser l’Atlantique précédemment, mais j’avais refusé. Après l’Euro 2017, on m’avait demandé : « Tu viens ? » J’avais répondu non, j’avais besoin de me reposer. Cette fois, j’ai franchi le pas. L’accord a été conclu assez tôt, vers le mois de février, car j’ai besoin de pouvoir planifier ma saison. Je n’aime pas quand on me dit : « Tu prends l’avion demain. » Je ne le regrette pas. Washington est une belle ville, et l’ambiance dans l’équipe était très bonne, chaque joueuse encourageait ses partenaires. Et puis, je suis arrivée au bon moment : jusqu’à la saison dernière, les Mystics jouaient dans la salle des Wizards, qui sonnait parfois creux. Depuis cette saison, l’équipe joue dans une salle plus petite, certes située dans un quartier moins glamour, mais presque toujours pleine, avec une belle ambiance. »

Emma Meesseman, elle, en était déjà à sa 7esaison outre-Atlantique. L’an passé, les Mystics avaient déjà atteint la finale, mais l’avait perdu. Meesseman était, paraît-il, la pièce qui manquait au puzzle. « L’ambition est venue avec l’arrivée du coach actuel », précise-t-elle.

Ce titre, il a cependant fallu le chercher : à un certain moment, les Mystics ont été menés de 9 points dans le troisième quart-temps de la 5emanche décisive. « J’étais sur le banc à ce moment-là », se souvient Emma. « On n’a pas paniqué, mais on a réagi. On s’est dit que, ce titre, on n’allait pas le laisser filer entre nos doigts aussi facilement. Et on a mis les bouchées doubles. Avec succès. »

A-t-elle encore progressé cette saison ? « Je pense que j’ai appris à prendre davantage mes responsabilités. Je le faisais déjà avant, mais pas autant. Le déclic est venu lors des matches à Las Vegas, lorsque j’ai enchaîné plusieurs paniers d’affilée et que mes partenaires m’ont encouragée à persévérer. Le jeu est-il différent en WNBA par rapport à l’Euroleague ? Peut-être plus athlétique, mais en fait, pas tellement : beaucoup de joueuses de WNBA jouent aussi en Euroleague, donc cela ne change pas grand-chose pour moi. »

Les festivités du titre ? « On a fêté le sacre, bien sûr », poursuit Emma Meesseman. « Mais pas autant qu’on pourrait l’imaginer. Il n’y a pas eu de parade dans les rues de la ville, par exemple. Beaucoup de joueuses devaient rejoindre leur club en Europe, en Australie ou en Corée du Sud, et sont parties assez rapidement. Parader à quatre, cela n’aurait pas eu de sens. Nous n’avons pas été reçues à la Maison Blanche non plus. En fait, lorsque Donald Trump a été élu, toute l’équipe s’était mise d’accord pour ne pas accepter une éventuelle invitation. Mais les félicitations de Barack Obama nous ont évidemment fait plaisir. »

« Personnellement, j’aurais bien voulu rester un peu plus longtemps, pour profiter de l’ambiance festive dans la ville », rétorque Kim Mestdagh. « Cela n’a pas été possible, car le devoir m’appelait en Europe. J’ai dû vider mon appartement en toute hâte, la veille du départ, car le contrat stipulait que je devais le rendre dans le même état qu’il était lorsque j’en ai pris possession à mon arrivée. Il m’a fallu remplir plusieurs sacs, avec tout ce que j’avais accumulé pendant ces quelques mois. Mais je ferais volontiers l’aller-retour vers Washington lorsque l’on remettra officiellement les bagues de championne, si mon club me le permet. »

Le devoir qui l’appelle en Europe, c’est son club de Charleville-Mézières qui, dès ce jeudi, affronte le Liège Panthers de Pierre Cornia en FIBA Eurocup. « Je n’ai pas encore eu de contact avec mon club, je ne sais pas encore si l’on me demandera de jouer. Mais c’est fort probable. »

Ekaterinbourg, de son côté, jouera mercredi à Charleroi contre le Mithra Castors Braine pour le compte de la première journée de la FIBA Champions League. « Je serai sûrement présente au Dôme », affirme Emma Meesseman. « Mais je ne pense pas que je jouerai. Au départ, je pensais retourner en Russie avec l’équipe, au lendemain de ce match, mais je vais demander à pouvoir bénéficier de quelques jours de congé supplémentaires. J’ai vraiment besoin d’un break. »

Enchaîner continuellement Euroleague, WNBA et… Belgian Cats, ce n’est évidemment pas possible sous peine de fatiguer exagérément les organismes. « Mais je serai bien présente avec les Belgian Cats en novembre, pour la première fenêtre des qualifications à l’Euro 2021 contre l’Ukraine et en Finlande », assure Emma Meesseman. « Et les Jeux Olympiques ? C’est évidemment un rêve depuis que je suis toute petite. Mais l’échéance est encore lointaine. Je verrai d’abord si l’on se qualifie, puis dans quel état je serai en fin de saison pour décider si, oui ou non, je retournerai chez les Mystics ou pas… »

« Pour moi aussi, c’est un rêve », conclut Kim Mestdagh. « Si l’on se qualifie, il se pourrait bien que je fasse l’impasse sur le prochaine saison WNBA. Mais, comme l’a dit Emma : c’est encore loin, chaque chose en son temps. »

Daniel Devos

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