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Le basket belge se conjugue désormais au féminin

Alors que les Belgian Lions sont déjà éliminés de la course à la Coupe du Monde 2019 et sont obligés de passer par les pré-qualifications pour participer au Championnat d’Europe 2021 (avec une première victoire sur le fil contre le Portugal), les Belgian Cats ont participé à leur première Coupe du Monde et ont d’emblée terminé à la 4eplace, un an après avoir remporté la médaille de bronze au Championnat d’Europe 2017.

A Ténériffe, les Cats ont séduit tout le monde, y compris les spectateurs neutres (notamment espagnols). Les observateurs également. Après la victoire contre la France en quart de finale, un journaliste étranger a demandé à Philip Mestdagh : « Comment peut-on expliquer qu’une équipe qui n’a aucune histoire à ce niveau se retrouve subitement en demi-finale ? » Et le coach de répondre : « Il y a 1.001 raisons qui peuvent expliquer pourquoi la Belgique a été absente des grandes compétitions pendant une longue période et je ne vais pas entrer dans le détail, mais lorsque nous avons commencé le projet actuel en 2015, il a d’abord fallu convaincre les joueuses de rejouer pour l’équipe nationale et de croire au projet. »

Tout part, en effet, de la décision d’Ann Wauters de se remettre au service des Belgian Cats. Ajouté au talent d’Emma Meesseman, l’une des meilleures joueuses du monde, cela nous donnait une paire d’intérieures très compétitive autour de laquelle on pouvait construire. Pendant une dizaine d’années, entre changement de coach et absence de projet, la Belgique a connu une longue traversée du désert et les joueuses hésitaient à prendre part à l’aventure. Aujourd’hui, elles prennent un énorme plaisir à se retrouver ensemble et ne veulent louper une sélection pour rien au monde. Meesseman a même sacrifié la saison WNBA (où les Washington Mystics sont arrivés en finale) pour participer à la préparation pour la Coupe du Monde dès le départ. Le pire, c’est qu’elle a failli louper le grand événement en raison d’une sale entorse contractée contre la Lettonie lors du tournoi de Valence.

Par rapport à Prague, les Belgian Cats ont encore progressé. Grâce à ce qu’elles ont déjà vécu ensemble, mais aussi grâce à l’apport de Julie Allemand, blessée à l’époque et qui n’était pas présente en 2017. En intégrant la sélection, elle pouvait se considérer comme l’intruse, mais elle s’est parfaitement fondue dans le groupe. Au point de se révéler comme l’une des meilleures joueuses du tournoi, avec 13 assists contre la France en quart de finale et 12 assists contre les Etats-Unis en demi-finale. De nombreux journalistes ont même hésité à la sélectionner dans le All Star 5 du tournoi (Meesseman a, elle, été sélectionnée aux côtés de Liz Cambage, Astou Ndour, Breanna Stewart et Diana Taurasi).

Kyara Linskens a, elle, pris de l’envergure également. Elle commence les matches dans le cinq de base, pour préserver Ann Wauters, et ne fait pas du tout tache. Hanne Mestdagh se révèle un parfait back-up de sa sœur Kim, toujours aussi adroite à distance.

Derrière, la relève pointe le bout du nez également. Alors que toutes les équipes nationales de jeunes masculines évoluent en Division B (c’est-à-dire au-delà de la 16eplace), les équipes féminines évoluent toutes en Division A (avec un titre de champion d’Europe en 2017 et une 5eplace en 2018 pour les U18). Sans parler du cas de Hind ben Abdelkader, qui a brièvement tâté de la WNBA cet été et qui a préféré privilégier sa carrière individuelle jusqu’ici, mais dont un retour n’est pas exclu.

Bref, le basket belge se conjugue désormais au féminin.

DanielDevos

 

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